à propos de "Mon Lit en Zinc"
Le thème principal est la dépendance : dépendance à
l'alcool, à l'amour, ou aux éphémères poussées d'adrénaline des affaires. Nous
voyons un poète impécunieux, alcoolo repenti, Paul Peplow, engagé par un
millionnaire ex-marxiste, Victor Quin, comme rédacteur dans sa société internet
en pleine expansion. Quin a une jeune épouse danoise, Elsa, qui a été aussi
sauvée de l'abîme de la drogue et de l'alcool. Quin semble jouer un étrange jeu
méphistophélique, attirant le poète vers la destruction par l'alcool pour
consoler son épouse solitaire et soulager son mariage au point mort. On est
confronté à l'amère solitude d'un mariage desséché et à la difficulté à
maîtriser ses pulsions dégradantes. Au-delà de la dépendance et de ses diverses
formes, j'y vois une réflexion sur la liberté : guérir de la dépendance en
renonçant à ce qu'on est, ou vivre avec sa maladie en restant soi-même. Pour
David Hare, il ne s'agit pas de savoir si la vie vaut d'être vécue mais de
savoir si on veut la vivre et à quelles conditions.
Laurent Terzieff
|
 |
|